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Soft skills

Skills Claude : encoder le savoir-faire du cabinet

Pour l’avocat qui veut codifier sa méthode : créer un Skill Claude sur une tâche récurrente du cabinet, pas à pas et sans compétence technique.

A person sitting at a desk in front of a window

Dans tout cabinet, une partie du savoir-faire n’existe que dans la tête d’un associé ou dans un vieux modèle Word que chacun adapte dans son coin. Le calcul des indemnités de rupture suit une méthode précise, mais personne ne l’a jamais écrite formellement. Les courriers de chiffrage ont toujours la même structure, mais chaque collaborateur repart d’une page blanche. Les Skills de Claude permettent de mettre fin à cette inefficacité en codifiant une méthode une bonne fois pour toutes, sous une forme que Claude applique automatiquement à chaque nouveau dossier. C’est l’une des fonctionnalités les plus structurantes pour un cabinet d’avocats qui veut gagner en productivité sans perdre en qualité.

La différence fondamentale entre projet et Skill

Le projet, dans Claude, est attaché à un dossier client. Il contient les pièces, les instructions spécifiques et l’historique des échanges relatifs à ce dossier. Le Skill, lui, est transversal : il encode la compétence du cabinet, la méthode qui s’applique de dossier en dossier, quelle que soit la partie ou la matière. C’est le savoir-faire qui voyage, et non les données du client.

Concrètement : le projet, c’est le dossier Dupont. Le Skill, c’est la méthode pour calculer les indemnités de rupture ou rédiger une mise en demeure à la façon du cabinet. Cette méthode s’applique aussi bien pour Dupont que pour Martin, avec les mêmes règles, le même ton, la même structure. Et une fois le Skill créé, Claude le déclenche automatiquement dès qu’il reconnaît la tâche correspondante, sans que l’avocat ait besoin de l’invoquer.

man in white dress shirt sitting on black office rolling chair

Comment identifier les tâches “skillables”

Trois critères permettent de repérer les tâches qui méritent la création d’un Skill. La fréquence d’abord : la tâche revient à chaque dossier d’un certain type – chaque dossier prud’homal, chaque cession, chaque rendez-vous client en fait resurgir. La forme constante ensuite : la trame, les formules et la structure sont identiques d’un dossier à l’autre, seuls les chiffres ou les noms du client varient. L’explicabilité enfin : vous sauriez expliquer la méthode à un nouveau collaborateur, étape par étape. C’est exactement ce que l’on va écrire dans le Skill.

Trois exemples concrets de tâches skillables : le calcul des indemnités de rupture avec sa méthode fixe et ses variables changeantes, les courriers récurrents selon le type de litige ou de dossier, et les comptes rendus de rendez-vous à partir d’une transcription brute. Pour explorer d’autres formats de formation juridique à distance qui structurent votre pratique, notre blog propose plusieurs ressources complémentaires.

La création d’un Skill en trois temps

La première étape est de nature technique : aller dans les Paramètres, activer l’exécution de code et la création de fichiers dans les Capacités, puis accéder à “Créer une compétence” dans Customize. Le prompt de départ pour tout Skill est le suivant : “J’aimerais qu’on crée ensemble un Skill réutilisable pour [TÂCHE]. Avant d’écrire quoi que ce soit, pose-moi les questions nécessaires.”

La deuxième étape est la plus importante : un échange de 10 à 20 minutes avec Claude. Il pose ses questions une à une sur votre méthode – quelles indemnités couvrir, quelles règles toujours respecter, quels textes citer, quel format de note en sortie. C’est lui qui guide la création. Plus vous êtes explicite dans vos réponses, plus le Skill sera précis et fiable. Donnez-lui autant de détails que possible sur les règles qui ne souffrent aucune exception dans votre cabinet.

La troisième étape consiste à fournir vos modèles : téléchargez vos trames maison, vos exemples de productions déjà validées. Claude les analyse et en déduit les spécificités stylistiques et structurelles du cabinet, qu’il intègre dans le Skill.

a man sitting at a desk writing on a piece of paper

Ce qu’un bon Skill doit savoir faire quand il ne sait pas

Un Skill bien calibré ne choisit pas en silence lorsqu’il manque d’une information. Il signale explicitement ce qui lui manque, au lieu d’inventer une hypothèse. C’est précisément cette exigence – signaler plutôt qu’inventer – qui doit être écrite dans les instructions du Skill lui-même. Un Skill qui choisit en silence est un Skill qui industrialise les erreurs. Un Skill qui signale est un Skill sur lequel on peut s’appuyer.

Sur les forfaits Team et Enterprise, les Skills se partagent dans l’équipe : le savoir-faire codifié devient un bien commun du cabinet, accessible à tous les collaborateurs, avec une qualité constante d’un dossier à l’autre.

Pour aller plus loin dans la création de vos premiers Skills et dans leur intégration dans votre pratique quotidienne, notre formation e-learning homologuée CNB vous accompagne avec des démonstrations pas à pas sur des cas concrets de cabinet : Déléguer son travail juridique en toute vigilance avec l’IA de Claude. Elle est disponible sur la plateforme LegalFamily en format e-learning, à votre rythme, et permet de valider des heures de formation continue avocat.

En résumé

Un Skill encode la méthode du cabinet sur une tâche récurrente, transversalement à tous les dossiers. Trois critères pour identifier les bonnes tâches : fréquence, forme constante, méthode explicitée. Trois étapes pour créer un Skill : configuration, échange avec Claude, fourniture des modèles. La règle d’or : un bon Skill signale ce qu’il ne sait pas, il n’invente pas.

Sources

  • Documentation Anthropic Claude Skills : claude.ai
  • CNB, recommandations sur l’usage de l’IA : cnb.avocat.fr