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Pseudonymisation et IA : le réflexe de l’avocat conforme

Pour l’avocat soucieux de sa déontologie : pseudonymiser ou anonymiser avant toute IA – méthode, outils disponibles et réflexes conformes au guide CNB 2026.

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Le CNB est explicite dans son guide IA du 13 mars 2026 : avant toute soumission à un outil d’IA générative, les données doivent être pseudonymisées ou anonymisées. Ce réflexe est la réponse pratique à l’ensemble des obligations qui pèsent sur l’avocat – secret professionnel, RGPD, recommandations professionnelles. Il ne s’agit pas d’un frein à l’usage de l’IA, mais de la condition qui rend cet usage légal et serein. Comprendre la différence entre pseudonymisation et anonymisation, connaître les outils disponibles pour l’automatiser, et intégrer ce réflexe dans le workflow du cabinet : voilà ce que traite cet article.

Pseudonymisation versus anonymisation : une distinction fondamentale

Les deux techniques répondent à des niveaux de protection différents. La pseudonymisation consiste à remplacer les données identifiantes par des alias : Madame A à la place du nom de la cliente, Société B à la place de la dénomination sociale, Monsieur C à la place du nom de la partie adverse. Le document reste traitable, mais les données directement identifiantes ont été masquées. C’est une protection réversible : il est techniquement possible, par croisement de données, de réidentifier les personnes concernées.

L’anonymisation va beaucoup plus loin. Elle consiste à transformer les données de telle sorte qu’aucune réidentification ne soit possible par quelque moyen que ce soit. Par exemple : remplacer “Madame Dupont, salariée depuis le 3 juin 2019 dans la société Renard SA, licenciée le 15 avril 2026” par “une salariée d’environ 7 ans d’ancienneté dans une PME du secteur commercial, licenciée courant 2026”. Aucune réidentification n’est possible à partir de cette formulation.

Le guide CNB du 13 mars 2026 admet les deux techniques, à condition qu’elles soient appliquées systématiquement – pas sélectivement selon la sensibilité perçue du dossier, pas occasionnellement selon l’urgence. Systématiquement.

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Pourquoi ne pas le faire à la main

La question se pose naturellement : est-il possible de pseudonymiser à la main, document par document, en remplaçant manuellement les données identifiantes ? Techniquement oui, sur un document isolé, cela prend quelques minutes. Mais sur un dossier complet de trente pièces – contrats, bulletins de paie, lettres, échanges de correspondance, pièces comptables – la pseudonymisation manuelle prendrait plusieurs heures, annulant le bénéfice de temps que procure l’IA. Ce n’est pas une solution viable à l’échelle d’un cabinet.

Des outils spécialisés existent précisément pour répondre à ce besoin. Ils fonctionnent en local, sur l’ordinateur de l’avocat, sans que les données ne transitent par un serveur tiers pendant le traitement : le dossier est traité en circuit fermé.

Les outils disponibles sur le marché

Trois outils méritent d’être connus. Hexagone.ai est une application desktop Mac et Windows qui permet d’anonymiser ou pseudonymiser des dossiers entiers, y compris des fichiers Word, des PDF et des images scannées. Le traitement est entièrement en local. Le résultat est un “jumeau” anonymisé du dossier original, prêt à être soumis à Claude.

Marvin System offre des fonctionnalités similaires avec un positionnement légèrement différent. Ready for AI, développé par un confrère avocat (Jimmy Ababou), est conçu spécifiquement pour les professionnels juridiques et prend en compte les contraintes propres à la profession.

Le choix entre ces outils dépend du volume de dossiers à traiter, du type de pièces les plus fréquentes dans la pratique (documents Word, PDF natifs, images scannées), et des préférences d’interface. Il est recommandé de tester les versions d’essai disponibles avant de s’engager.

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Le workflow recommandé pour un dossier complet

La méthode à adopter en pratique se décline en trois temps. D’abord, dupliquer le dossier original : on ne travaille jamais sur l’original, qui reste intact à son emplacement habituel. Ensuite, passer la copie dans l’outil d’anonymisation : Hexagone.ai ou l’outil choisi traite l’ensemble des pièces du dossier copié, en local. Enfin, ouvrir à Claude uniquement ce dossier préparé : c’est la seule version qui est soumise à l’IA, jamais l’original.

Ce circuit concilie la puissance de la délégation à l’IA avec le respect strict du secret professionnel. Il est compatible avec les recommandations du CNB et avec les exigences du RGPD, quels que soient le forfait Claude utilisé et le type de dossier traité.

L’utilisation de ces outils est présentée en détail sur notre plateforme de formation e-learning pour avocats, avec des démonstrations pratiques. Pour découvrir l’ensemble des formations disponibles sur ces sujets, consultez notre catalogue LegalFamily.

Notre formation e-learning homologuée CNB sur la maîtrise de l’IA générative dans le cadre déontologique de l’avocat inclut une démonstration de ces outils et leur intégration dans un workflow de cabinet conforme : Maîtriser l’IA générative dans le cadre déontologique de l’avocat. Elle permet de valider des heures de formation continue avocat dans un format flexible, entièrement à distance.

En résumé

Pseudonymisation (remplacement par des alias, réversible) et anonymisation (aucune réidentification possible) sont les deux techniques admises par le CNB, à condition d’être appliquées systématiquement. Des outils comme Hexagone.ai, Marvin System ou Ready for AI automatisent ce traitement en local. Le workflow recommandé : dupliquer l’original, anonymiser la copie, ne soumettre à Claude que la copie anonymisée.

Sources